L' "ancrage territorial" est une valeur-phare des tiers-lieux. Il fait même partie de son ADN, de ses valeurs intrinsèques, des motivations de ses acteurs, etc. Mais de quoi parle-t-on ?

ADN

L'ancrage territorial, définition

Si on commence par une définition englobante, l'ancrage territorial désigne "le sentiment d'appartenance des individus, ou collectivement des sociétés, à un espace. Le territoire étant défini par l'appropriation de l'espace, l'ancrage est une composante de cette appropriation" (blog Geoconfluences). 

Cette définition permet de comprendre le lien entre territoire et espace (lieu), et entre espace et appartenance. Elle ouvre aussi à un des enjeux forts qui en découlent : l'appropriation. Il s'agit donc d'une action consciente et active de la part des individus.

L'ancrage territorial renvoie également aux symboles forts, tels que les racines qui relient les générations, celles qui relient les écosystèmes, ceux réalistes de la biodiversité, etc. Il y a également le symbolisme de l'ancre marine, qui aboutit soit à une vision péjorative d'immobilisme, soit à vision de résistance aux aléas de la marée. La force du roseau et du chêne réunit en un symbole.

L'appropriation et l'action

Étonnamment, à partir d'un sujet qu'on pouvait imaginer passif et contextuel, l'ancrage, on découvre un coeur battant qui influe considérablement sur la bonne santé du territoire : le paradoxe sous-jacent de l'ancrage illustre les enjeux des tiers-lieux.

"L'ancrage pouvait apparaître alors, au pire comme un archaïsme, au mieux comme une résistance à la mondialisation et à l'injonction à l'hypermobilité, dans une optique du « slow » (comme dans « slow food ») et du low (comme dans « low tech »)." (blog Geoconfluences)

On y retrouve également un fort questionnement sur les impacts d'une (ré)appropriation du territoire grâce aux tiers-lieux. Ils permettent à la fois une régénérescence du territoire par sa dynamisation et le retour des individus à une vie plus maîtrisable, d'autant plus dans un environnement VUCA (volatile/vulnérable,  incertain, complexe et ambigu), comme on en connaît depuis quelques décennies (et pour encore quelques autres).

(La soucoupe, Limoges)

La soucoupe, Limoges 

Pour conclure, les tiers-lieux ruraux, l'exemple creusois :

Par Raphaël Besson Directeur de Villes Innovations Chercheur associé à PACTE-CNRS :

"Ces Tiers Lieux ne se limitent pas à la fonction entrepreneuriale des espaces de coworking, mais agrègent un ensemble d’aménités et de services mutualisés (...). Cette dimension multifonctionnelle et sociale revêt une importance particulière dans le cas des Tiers Lieux ruraux. Ils sont en effet souvent portés par une ambition politique de revitalisation des centres-bourgs. Ils doivent permettre de faire vivre des services de proximité en accueillant dans les centres des travailleurs indépendants, des salariés ou des néo-ruraux. Ils apparaissent comme des points névralgiques pour (ré)activer les ressources des territoires ruraux et ancrer de nouvelles formes d’innovation et de développement."